douches12/03/2019. Extraits de nos rencontres aux bains-douches : Mamadou « On sait bien que si tu te laves, tu vas avoir la santé, tu vas avoir des relations avec des gens, tu vas aussi oser te rapprocher des gens parce que si tu n'es pas propre, tu n'oses pas faire ça. ». Sabeg : « une fois que je sors de chez moi... mon 1er réflex c'est d'aller prendre ma douche... alors je viens là et je passe aussi dans l'après-midi avant de rentrer ». Corentin : « actuellement je vis dans ma voiture et du coup, c'est mon seul moyen d'être présentable et propre ». Fatima : « Ça fait 8 ans que je viens une fois par semaine avec ma maman. ça lui fait une petite sortie, ça lui rappelle un petit peu le pays d'où on vient... En France, il y en a beaucoup des hammams, mais là on est seule. On est dans l'intimité quand on est seule... Pour ma maman, elle préfère ici, (...) elle a pris l'habitude. »

Campement Sonore 0201/02/2019 - Polyphonie Citadine #01 réalisée à partir des récits de vi(ll)es des usagers des derniers bains-douches de la métropole

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Campement Sonore 0722/10/2018 - S'est achevé la semaine dernière notre second campement devant les bains douches. Nous avons présenté aux usagers une fresque interactive donnant accès aux portraits sonores réalisés depuis avril dernier. Cette fresque est encore visible, pour quelques temps nous l'espérons, devant les bains-douches ! Ce campement était l'occasion de tester la première version de notre cabine sonore, qui a permis de diffuser une pièce réalisée à partir des récits de vi(ll)es.

Jean Yves21/09/2018 - Nous avons rencontré Jean-Yves pendant notre premier campement sonore devant les bains-douches

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Fatima21/09/2018 - Nous avons rencontré Fatima pendant notre premier campement sonore devant les bains-douches

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Jeremy215/09/2018 - Nous avons rencontré Jérémy pendant notre premier campement sonore devant les bains-douches

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Eric15/07/2018 - Nous rencontrons Eric pendant notre campement sonore.

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Eric

utopie scherer27/06/2018 - En collaboraion avec le LAURe, laboratoire de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon, nous entamons un projet de recherche et de créations autour des derniers bains-douches de la métropole.

La recherche que nous proposons traverse les thématiques de l’habiter, de la métropolisation et de la précarité. Le croisement de ces notions rencontre inévitablement les questions de la mobilité et par là l’accès à un certain nombre de services publics, dont l’accès à l’eau.

LALCA et FAITES PLACE aux Clochards Clestes 715/06/2018 - La dernière semaine de mai, nous exposions au théâtre des Clochards Célestes, le travail mené place Chardonnet avec le groupe Faites Place !

LALCA au CCO 122/05/2018 - Le 19 mai dernier, nous avons participé au festival Mémoire Vive du CCO à l'autre Soie. Dans le parc de l'ancien IUFM de Villeurbanne, l'installation présentait les pièces sonores réalisées dans le 1er arrondissement de Lyon et dans les derniers bains-douches de la métropole.

Corentin223/04/2018 - Nous rencontrons Corentin, dans les bains-douches. Il sortait alors de sa douche !

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Corentin

Tigran23/04/2018 - Nous nous sommes installé toute la semaine devant les bains-douches. Nous avons aussi suivi Tigran, un des six agents des bains-douches, à l'intérieur du bâtiment

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Tigran
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Sabeg22/04/18 - Nous rencontrons Sabeg devant les bains-douches. Nous l'invitons à entrer dans notre camion, campement sonore.

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Sabeg

Louismichel20/04/18 - « Moi c'est Louis Michel, j'ai 36 ans, je suis arrivé en France il y a 7 ans. Durant ces 7 années, j'ai eu le temps de galérer un petit peu, mais pas autant qu'aujourd'hui, dans la mesure ou j'avais quand même un appartement. Je suis resté 4 ans à Rennes et j'y ai bossé en tant que formateur en électronique dans une institution qui s'appelle l'INSA. Une fois que mon contrat c'est terminé, j'ai décidé d'aller ailleurs, pour trouver du travail. C'est à partir de là que la vrai galère a commencé.

generique20/04/18 - Nous nous installons devant les bains-douches et rencontrons ses usagers. Ils s'appellent Michel, Cédric, Louis-Michel, Enzo, Mamadou, Eric... Ils ont 39, 36, 32, 24, presque 60 ans... Ils sont réparateurs de machine à sous, travailleurs détachés, enfants, étudiants, tout juste licenciés... ils sont français, ivoiriens, algériens, mauricien... Ils vivent dans leur voitures, dans une caravane, ils sont propriétaires... Ici aux -bains-douches, ils viennent se laver, prendre leur douche, se reposer, ouvrir les yeux, commencer la journée...

immersion18/04/18 - Nous nous installons devant les bains-douches. Il est 7h30 lors de notre arrivée et nous mettons environ une heure à déployer le dispositif : le camion, des tables, des chaises, trois parasols, du café, des gâteaux... Un espace d’accueil et de convivialité pour arrêter quelques minutes, ou plus les usagers des bains-douches. Ouvrir la discussion.

campementsonore16/04/2018 - Installation de notre Campement Sonore du 9 au 13 avril devant les bains-douches

voiturehotel08/02/2018 - Si le 20e siècle a fait entrer la voiture au sein de nos vies, le 21e voudrait la voir disparaître, dans une équation parfois bien difficile. L'injonction « demain, la ville sera verte et donc sans voiture ! » cadre assez mal avec les enjeux de la mobilité comme désormais constituante du développement économique.

eaulumiere16/11/2017 - Une fois connu le rôle de l'hygiène dans la prévention des maladies, grâce notamment à Ignace Philippe Semmelweis ou à Louis Pasteur, l'eau intègre petit à petit les réflexions hygiénistes du 19e, notamment dans les planifications urbaines.

19/10/2017 - Si l'hospitalité résonne sur les murs de la ville, nous la cherchons dans son échos. Et là, cette année, pour échos, nous avons entendu la voiture comme abri, comme engin de mobilité nécessaire, nous la soupçonnons lieu d'intimité sexuelle, lieu de squat... Pour échos, aussi, nous avons entendu l'eau, celle qui coule, mais surtout celle qui ne coule plus, ces fontaines encore espaces de bains au bains-douches disparus. Un seul bâtiment subsite dans la métropole de Lyon, dans le 7e. Nous allons suivre cet échos aussi, après.

Alors nous tentons de lui faire son récit, comme celui de cette connaissance qui émerge là avec Redouane, Hakima, Leila et Abdalla, Safia, Rosaenie, Mariami, Faridje et Léonit.

fontaine et bancDes lieux libres et gratuits où l'on puisse se laver en toute intimité sont indispensables. Il s'agit du respect de droit à l'eau et d'un impératif en matière de santé publique mais aussi une nécessité pour les personnes sans abri ou mal logés. Tel l'écrit Chantal Deckmyn dans son rapport à la fondation Abbé Pierre.

juillet01Une année à rencontrer des personnes qui habite le 1e à Lyon, principalement des non-logées qui transitent par le quartier des pentes de la croix-rousse parce que leurs enfants y sont scolarisés ou parce que les ping-pong institutionnels les ont conduit à se domicilier ici. Ou encore parce qu'il est sécurisant de dormir dans sa voiture, quand celle-ci est au cœur de la ville.

Son Affiche Rosaenie et Mariami

Dans l'installation sonore vous pouviez entendre les voix de Redouane, Hakima, Mariami, Rosaenie, Leila et Abdalla, Safia, Faridje et Léonit, que nous avons rencontré cette année. Marc-Antoine avec qui nous menons ce projet y a adjoint l'enregistement d'Afomeya, réalisé par d'autres pour Radio Canut. En cliquant sur lire la suite, vous aurez accès à l'ensemble des enregistrements de nos rencontres

LALCA HospitalitesLe film est à regarder en cliquant sur l'image

LALCA au LAP 01L'installation restera 3 semaines au Lieu Accueil parent. Affiches, sons et vidéos, avec Rédouane, Hakima, Leila et Abdalla, Rosaenie, Mariami, Safia, Faridje et Léonit.

31mars salon 2

Interpellés par les transformations de la ville à l’ère métropolitaine ou comment celle-ci génère de plus en plus d’exclusion, nous avançons pas à pas à la recherche des hospitalités. Le 31 mars dernier, nous souhaitions restituer l'avancée de nos réflexions..…

corbeau

« Lugdunum signifie « colline, forteresse du dieu Lugus ». Mais l'étymologie de Lugus est plus difficile à reconstituer. Il existe de multiples propositions. Soit par le nom du corbeau, en effet Lugus a été rapproché du gaulois lugos ou lougos, qui aurait signifié « corbeau » selon Plutarque. Soit par le nom du lynx, le nom de Loki ». Le corbeau, le lynx, le Lion

Pour une personne vivant un sentiment d'insécurité, que le danger soit extérieur ou intérieur à elle-même, l'hospitalité est un refuge. Si ce sentiment de danger disparaît, l'hospitalité garde-t-elle sa nécessité et sa raison d'être? L'hospitalité peut-elle alors exister en elle-même sans se construire en opposition au danger, réel ou fantasmé ?
En offrant un sentiment de protection, l'hospitalité permet la mise à distance du danger par la création d'une séparation qui délimite l'espace "du danger" avec l'espace de la sécurité. Face au(x) péril(s), elle constitue une carapace solide, qui parfois se réduit à la fragile coquille de la peau de la personne. Cela implique la division et différenciation de l'espace, il apparaît alors que l'espace dit "hospitalier" serait un "dedans" en rupture avec l'espace du danger, qui serait celui du "dehors". Vient rapidement une question sur notre recherche dans la fabrique de l'espace public : l'espace extérieur peut-il être dit "hospitalier" ? Effectivement dans le cas où l'espace public extérieur est construit pour être hospitalier, où se situerait le danger en opposition duquel il est conçu ? Quel serait le "hors de" de l'espace extérieur public ? Les espaces et bâtiments privés ? Les bâtiments publics ? Les institutions ? Les autres individus ?

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Ce projet traverse les époques à la recherche des éléments qui peuvent faire hospitalité. L'eau en est un exemple. Elle favorise l'installation des hommes de tout temps et partout. La fin de la dynastie des Sévères en 237 à Lyon entraine l'abandon de l'entretien des aqueducs et leur détérioration. Les Hommes, alors privés d'eau, ont été contraints de se déplacer et de redescendre des collines pour se rapprocher des sources et puits encore en fonction. Voilà notre premier pont, de quelques siècles. Aujourd'hui encore, nous sommes tous dépendants du réseau d'eau. Riches comme pauvres, nous en sommes locataires, pour autant nous n'y avons pas tous accès de la même façon. Sur certains espaces publics toutefois on peut observer fontaines et toilettes ! Sorte de bénéfice rendant possible les installations. A l'inverse, interdire l'accès à l'eau (et au feu) correspondait à un bannissement dans le droit romain « Aqua et igne interdictus »  !

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t stripoli

Hospitalité(s) c'est aussi une traversée historique. Lyon est imprégné de son histoire gallo-romaine dans laquelle nous pouvons puiser des enseignements et/ou des questionnements. Par exemple, interroger selon les périodes le besoin essentiel de l'accès à l'eau pour s'installer quelque part ou la place des étrangers résidents et leur accès aux droits. Nous nous allions avec le service archéologie de la ville de Lyon, écoutons leurs histoires et percevons la nécessité de construire un pont entre les époques ; de celles passées dont les aspérités ont été gommées à celle d'aujourd'hui dont il est plus difficile de masquer les imperfections.

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Au Lieu Accueil Parent, qui devient presque désormais notre atelier, nous retrouvons Hakima qui précise que tout le monde est venu en France pour des raisons différentes. « Et moi, ce n'est pas pour raison économique, mais pour raison familiale que j'ai quitté le pays. J’ai habité 19 ans en Italie. J'avais une maison et une voiture. Je ne comprenais d'ailleurs pas comment les gens pouvaient ne pas avoir de maison...

redouane

Nous rencontrons Redouane au Lieu Accueil Parent. Il nous raconte ce que habiter peut signifier pour lui quand il a eu besoin pendant quelques mois de loger dans sa voiture.

Sabrina

C'est devant la fenêtre d'Antoine, place Chardonnet, que nous croisons Sabrina. Nous sommes entrain de parler d'hospitalité.

« Il y avait un roumain qui a dormi un moment sur cette place. Il était avec son fils. On l'aidait pour ces papiers. On lui a donné nos codes wifi pour qu’ils puissent se connecter et puis ils pouvaient venir ici pour se brancher sur nos prises électriques. Il venait recharger sa Nintendo. Maintenant il a un appartement à la Part Dieu. Il y a eu aussi un autre monsieur qui venait le soir, mais on sentait bien qu'il ne voulait pas qu'on voit qu'il dormait dans sa voiture. Il y a quand même souvent du monde qui dort ici ! »

 habiter renard

« La limite de la ville est l’objet d’un rituel à l’origine duquel on découvre l’intentionnalité de celui qui exerce l’autorité, le pouvoir : c’est le regere fines, tracer en ligne droite les frontières. Cet acte, préliminaire à toute construction de ville, est un acte non seulement matériel mais aussi immatériel, en ce sens que, dans le même temps où le roi trace le sillon qui marquera la limite de la ville, il instaure aussi un ordre moral. La notion est double donc puisqu’elle se réfère à une matérialité - la limite - et à une règle morale - la norme - qui définissent avec une grande précision une intériorité et une extériorité » René Schérer

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Depuis la rue Alsace Lorraine, le local où nous avions rendez-vous est très visible. Un écriteau « lieu Accueil Parent » indique la porte derrière laquelle ont lieu les permanences. Nous entrons. Dans un local d'une cinquantaine de mètres carré, autour d'une table sur laquelle on trouve du café, du thé, des papillotes, environ une dizaine de parents d'élèves conversent entre eux et avec un instituteur, le directeur de l'école primaire, la directrice de l'école maternelle et l'animatrice du lieu, Valérie

winton marcalis laverieLaverie, cabane de chantier, porte fermée sur le passé, voici quelques lieux où la conversation pourrait avoir lieue. Elle a eu lieu hier, avec une italienne ne trouvant plus le mot pour traduire amande. Elle a eu lieu avec l'un des peintres du chantier en cours rue des tables claudiennes, précisant qu'il manque à la question, le sourire autant que la chaux. Elle a également eu lieu avec Sabrina, pour qui la place Chardonnet est l'exemple de l'hospitalité ; fontaine, toilettes, possibilité de se garer, c'est le minimum nécessaire pour vivre.

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Nous avons dérivé rue Burdeau, rue des tables claudiennes, rue Imbert Colomes, et dans leurs perpendiculaires. Nous avons découvert le monde en bouche, Ibiza, le bistrot Chardonnet. Nous avons alors rencontré le directeur de la clé de voute, Laurent, Thierry, Émilie, Kamel et Antoine. De ces premières rencontres dans les pentes, et pour démarrer, quelques mots ont résonné.

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« Une carte du monde qui n'inclut pas l'utopie, ne mérite pas l'on la regarde » Oscar Wilde

« Collomb voudrait que sa ville soit connu à l'international et il fait des gros évènements pour ça, mais il ne voit pas que c'est déjà le cas. Lyon est au cœur d'un réseau local, national et international. Toutes les migrations passent par Lyon. Chez les pauvres, tout le monde connait Lyon ! » Nicolas Molle

Dans notre volonté de représenter l'hospitalité, nous rencontrons Nicolas, un ancien de l'ALPIL, avec qui il sera davantage question d'inhospitalité.

« L'inconvénient en France, c'est qu'on fait beaucoup trop de listes, listes de ceux qui pourront accéder à un programme de réinsertion, liste de ceux qui arrivent, de ceux qui sont là depuis longtemps, etc. Comment faire ces listes, sans penser à ce que ça implique, sans penser au passé ?!