Nous étions invité ces deux derniers jours à paticiper à la journée d'étude Spatialisation et temporalisation de l’hospitalité, organisée par la laboratoire LACTH, de l'Ecole d'architecture et de paysage de Lille. 2 jours d'intense réflexion autour de l'hospitalité !

Résumé de notre contribution :

Les bains-douches sont un point d’ancrage des urbanités en mouvement, qui en perpétuel mouvement s'arrêtent et s’installent dans des lieux nécessaires pour « être », un point dans une constellation de l’habiter éclaté. Ils s’inscrivent comme haut-lieu de ces villes dissimulées sous le cadastre et ils sont un lieu d’une hospitalité que nous pourrions qualifier d’involontaire.

D’un côté, les bains-douches Delessert ne sont pensés que comme un lieu fournissant l’unique service de se laver, ils sont situés aux marges de la ville, les agents n’y sont que très peu considérés et le bâtiment lui-même n’a pas été conçu pour favoriser la rencontre de l’altérité.

De l’autre côté, leur simple existence, les usages qui se créent et s’inventent à l’intérieur comme à l’extérieur des bains-douches, la disponibilité des agents, la grande amplitude horaire, etc. confèrent au lieu une posture de lieu incontestablement hospitalier. A la fois lieu de première nécessité, en temps précaire, ils sont indispensables pour conserver une centralité avec soi-même, se (re)construire, « ne pas se laisser emporter par le fléau » et dans la construction de son rapport à l’Autre.

Ce nœud urbain, d’où émerge la ville mobile invisibilisée, se concentre aussi autour de la matière eau. Cette eau qui permet, qui fait lien social en favorisant la connexion à soi-même et ainsi aux autres et au monde, devient nous semble-t-il aussi un lieu de l'hospitalité.

Les bains-douches, s’inscrivant dans un parcours, dans un espace-temps de l’habiter éclaté, donnant accès à l’eau hospitalière sont donc un des lieux de l’hospitalité, indispensable à la vi(ll)e ensemble autant qu’ils dévoilent les grands manques de la fabrique urbaine.

LALCA LILLE