Pour une personne vivant un sentiment d'insécurité, que le danger soit extérieur ou intérieur à elle-même, l'hospitalité est un refuge. Si ce sentiment de danger disparaît, l'hospitalité garde-t-elle sa nécessité et sa raison d'être? L'hospitalité peut-elle alors exister en elle-même sans se construire en opposition au danger, réel ou fantasmé ?
En offrant un sentiment de protection, l'hospitalité permet la mise à distance du danger par la création d'une séparation qui délimite l'espace "du danger" avec l'espace de la sécurité. Face au(x) péril(s), elle constitue une carapace solide, qui parfois se réduit à la fragile coquille de la peau de la personne. Cela implique la division et différenciation de l'espace, il apparaît alors que l'espace dit "hospitalier" serait un "dedans" en rupture avec l'espace du danger, qui serait celui du "dehors". Vient rapidement une question sur notre recherche dans la fabrique de l'espace public : l'espace extérieur peut-il être dit "hospitalier" ? Effectivement dans le cas où l'espace public extérieur est construit pour être hospitalier, où se situerait le danger en opposition duquel il est conçu ? Quel serait le "hors de" de l'espace extérieur public ? Les espaces et bâtiments privés ? Les bâtiments publics ? Les institutions ? Les autres individus ?